Le Perré des Boisseaux

 L’histoire du Perré des Boisseaux : Sur les traces de Jean Clément

L’histoire du Perré des Boisseaux : Jean Clément, historien de Pierrefitte, la connaissait mieux que quiconque. C’est avec un sentiment d’émotion que j’ai découvert aux archives de Moulins les documents qu’il a dû consulter et qu’il nous a relatés avec la rigueur de l’historien et le talent de l’écrivain. Le Perré des Boisseaux est le fruit d’une tumultueuse relation entre la Loire fière et sauvage et le peuple de Pierrefitte, relation qui se perd dans la nuit des temps.

L’histoire du Perré des Boisseaux remonte au début du 19ème siècle sous la forme d’un document d’archive daté du 19 septembre 1819 fixant à 1/3 la contribution des riverains aux travaux de « garantie » de la rive gauche de la Loire : « … Les riverains contribueront en proportion du danger plus ou moins grand auquel ils sont exposés, ainsi que en fonction du rôle des impositions et de toutes autres considérations que la sagesse pourra « lui » (le Préfet : ndr) suggérer… ».

C’est une pétition des riverains des Boisseaux, en date du 4 novembre 1841 adressée au Ministre des Travaux Publics, sous couvert du Maire de Pierrefitte sur Loire et co-signataire, Monsieur Barrois de la Treiche, qui déclenche la décision de la construction du Perré. Le style de la missive est tout à la fois très dramatique (« …ce fleuve destructeur qui est arrivé à une distance de quatre vingt mètres du hameau des Boisseaux et qui s’en approche avec une vitesse effrayante, l’aura bientôt détruit… ») et étonnamment, pour notre époque, respectueux (« …Se confiant en votre sollicitude habituelle, ils - les signataires, ndr - vous prient d’agréer d’avance l’expression de toute leur reconnaissance et les sentiments de respect et de reconnaissance avec lesquels ils sont, Monsieur, vos très humbles et très obéissants serviteurs… » !!). Les travaux, dont l’adjudication est octroyée « au sieur RIX », démarrent au printemps 1842, pour s’achever à l’été 1845. La « défense » du Perré couvre 1800m de la rive gauche de la Loire entre les Cornus et la zone dite du Rio, qui constitue à présent une sorte de trop plein et qui était, à l’époque, une porte d’entrée largement ouverte aux assauts de la rivière. C’est dans cette zone que l’on devine encore aujourd’hui la présence du Perré, presqu’entièrement envahi par la végétation et recouvert des limons de la Loire : son rôle protecteur est cependant en partie préservé. Le coût total des travaux, qui ont nécessité un volume de terrassement de 9635 m3, s’élève à environ 41500 francs or dont 10000 francs à la charge des riverains. Pour la petite histoire, l’un des propriétaires riverains signataires de la pétition de 1841, « sieur Bonnet ainé », n’avait pas encore réglé sa dette en 1852 et en avait directement appelé à « Monseigneur le Prince Président de la République », Napoléon III, pour en obtenir la remise.


Le Perré des Boisseaux : Une parfaite illustration de l’évolution de nos institutions territoriales.


L’histoire du Perré aurait pu se poursuivre sous la pression des assauts de la Loire et de ses crues dévastatrices, à l’origine de multiples pétitions des riverains des Boisseaux, la dernière archivée en date du 24 septembre 1860 et toujours diligentée par le Maire de Pierrefitte sur Loire, Monsieur Barrois de la Treiche. Ces pétitions ont débouché sur d’imposants projets de restauration et d’extension du Perré, qui ont tous obtenu le soutien financier de l’état mais qui n’ont pu aboutir en raison de la « défaillance » des riverains, dans l’incapacité d’honorer leur quote-part du financement, à savoir un tiers du coût des travaux. L’histoire du Perré des Boisseaux nous permet de mesurer aujourd’hui le chemin parcouru par nos institutions territoriales et de juger avec le recul de l’histoire de leur évolution vers d’avantage de solidarité mais également de complexité. A l’époque de la construction du Perré des Boisseaux, le maire de Pierrefitte, représentant des communautés locales telle que celle des Boisseaux, était pratiquement le seul interlocuteur de l’état centralisateur dont la parole était portée par le tout puissant préfet, objet de toutes les sollicitudes et inspirant le plus profond respect. Un projet de l’ampleur du Perré, qui aurait aujourd’hui engagé la responsabilité conjointe de l’état, de la région, du département et des collectivités locales, ne voyait le jour que sur la base de l’engagement solidaire de l’état et …des riverains, sans autre échelon intermédiaire de solidarité. Nos Institutions territoriales se sont depuis considérablement renforcées : gageons que la réforme en cours, certes nécessaire pour en améliorer le fonctionnement actuel devenu parfois trop complexe et source de gaspillages, ne reniera pas les progrès accomplis en matière de responsabilités partagées et solidaires.


Le Perré des Boisseaux aujourd’hui : Un bien précieux pour Pierrefitte


Le Perré des Boisseaux constitue une infrastructure indispensable aux populations riveraines : son rôle de protection ne s’est pas démenti jusqu’à ce jour. La pérennité de cette protection ne pourra être conservée que si les services techniques compétents de l’état s’en assurent régulièrement. Les seules interventions actuelles se bornent aux initiatives locales de la Mairie de Pierrefitte qui fait appel chaque année aux chantiers d’insertion pour maîtriser la végétation envahissante. Le Perré est en outre indissociable de l’histoire de Pierrefitte, dont il constitue un élément du patrimoine qu’il s’agit de préserver impérativement. En ces temps où le tourisme vert ne cesse de se développer en France, le Perré des Boisseaux devra être vu comme un complément de valeur aux autres attractions touristiques de Pierrefitte (canal, plan d’eau, voie verte). En bref le Perré des Boisseaux constitue à la fois un ouvrage d’art indispensable à la « défense » de notre commune, un élément du patrimoine intimement lié à l’Histoire de Pierrefitte et un atout touristique de choix.

Les signataires de la pétition du 4 novembre 1841
transmise au Ministre des Travaux Publics
par le Maire de
Pierrefitte sur Loire :
Barrois de La Treiche
(encadré en rouge).


Plan général du
Perré des Boisseaux,
d’après un document d’archive de 1847


Pierre Viktorovitch

L'Eglise

L’héritage transmis par nos anciens mérite le respect et souvent l’admiration. Cela s’applique parfaitement à notre église de Pierrefitte sur Loire et tous les Pierrefittois peuvent être légitimement fiers, de son histoire, des trésors qu’elle contient et dont ils sont les dépositaires.
Monsieur Jean Clément(*) a décrit, de manière fort intéressante la puissance qu’a représentée l’église de Pierrefitte par le passé, siège d’un archiprêtré d’Autun ainsi que de quelques unes des péripéties, de son histoire et certains de ses meubles prestigieux.
Aujourd’hui, dans la continuité, grâce à l’action de Madame Regond, conservatrice en chef des monuments historiques, de nouveaux mobiliers sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, et, certains déjà inscrits sont proposés comme monuments historiques. Faire mieux connaître l’église Saint Rémy et son patrimoine est l’ambition de cet article et des photos qui l’illustrent.

                      


Dans le cœur, le magnifique retable en bois est proposé comme monument historique, il détient en son centre un tabernacle composé du 17ème siècle, déjà inscrit sur l’inventaire supplémentaire à la liste des objets mobiliers classés le 3/12/1975.

   

A l’occasion des grandes fêtes, ce tabernacle en bois doré est rehaussé de six autres statues en bois sombre : Saint Jean-Baptiste, deux évangélistes, un évêque et deux anges qui ont été inscrits le 04/03/2004. 

      

    Dans la nef, trois meubles furent classés monuments historiques le 30/08/1924. Tout d’abord, le bénitier en marbre gris de Diou de 1643 situé à droite de la porte côté place et le baptistère en marbre blanc veiné de rose de la fin du 17ème siècle au pied armorié situé sous l’escalier menant à la tribune.

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  Ensuite il faut prendre son temps pour admirer les détails de la très belle statue en pierre polychrome du commencement du 16ème siècle : Vierge à l’enfant tenant fermement un oiseau par le cou, vierge superbe de douceur et de finesse. 








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Enfin une délicate statue en bois de Saint Roch (17ème siècle) vient elle, aussi, d’être inscrite mais son état actuel ne permet pas de l’exposer à l’admiration voire à la dévotion du visiteur. Cette représentation est, malgré l’outrage des ans, restée très fraîche et criante de vérité.





Au-delà de meubles classés, notre église est remarquable par plusieurs détails intérieurs. En premier lieu, le système de fermeture de sa porte principale avec sa grosse barre transversale qui nous change beaucoup de nos fermetures modernes. La rampe de l’escalier est, elle aussi, étonnante dans l’asymétrie des balustres.

    

Si vous montez à la tribune et avez une bonne vue, vous pourrez lire cette inscription bizarrement placée sur la poutre centrale attestant de la réparation de l’église (en 1650?). "L'église de s rémy de pierrefitte a este  rebatie 27 octobre 1650" .

(*) « A Pectra Ficta Chemin Faisant » Pierrefitte sur Loire Décembre 1993, pages 2, 12 et 13. X.Angleys et P.Harrault